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dimanche 8 février 2009

AU CIRQUE








Ah ! si le clown était venu !
Il aurait bien ri, mardi soir :
UN magicien en cape noire
A tiré d'un petit mouchoir
Un lapin, puis une tortue
Et, après, un joli canard.
Puis il les a fait parler
En chinois, en grec, en tartare.
Mais le clown était enrhumé :
Auguste était bien ennuyé.
Il dut faire l'équilibriste
Tous seul sur un tonneau percé.
C'est pourquoi je l'ai dessiné
Avec des yeux tout ronds, tout tristes
Et de grosses larmes qui glissent
Sur son visage enfariné.

MAURICE CARÊME

jeudi 5 février 2009

Dans ces bras-là...

Dans les bras de mon papa,
Je me sens tout petit chat.

Dans les bras de ma maman,
Je me sens petit enfant.

Dans les bras de mon papi,
Je me trémousse et je ris.

Dans les bras de mon grand frère,
Je m'élance et saute en l'air.

Dans les bras de ma mamie,
Soudain,
Je me suis endormi.

Claude Clément

mardi 3 février 2009

Laisse-moi croire...










Laisse-moi croire que tu es bon
comme le pain sorti du four.

Laisse-moi croire que tu es pur
comme une source jaillie du roc.

Laisse-moi croire que tu es doux
comme les herbes dans la forêt.

Laisse-moi croire que tu es vrai
comme cette pierre au creux de ma main ...

Laisse-moi me blesser à la pierre tranchante!
Laisse-moi rafraîchir ma joue sur les herbes !
Laisse-moi boire à la source cristalline !
Laisse-moi reprendre forces dans le pain chaud !

Laisse-moi croire que le bonheur est possible.
Laisse-moi croire ...

Jana Boxberger
1987 (traduit du tchèque par l'auteur)

Odile...

Odile la préposée aux animaux tristes
chaque matin essuie les larmes du caïman.

Claude Vercey (2005)

La barbichette...







Je te tiens,
Tu me tiens,
Par la barbichette.
Le premier de nous deux
Qui rira
Aura une tapette !


lundi 26 janvier 2009

Info BIP !

Cette semaine, c'est la BIP numérique !

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à bientôt, La BIP

jeudi 15 janvier 2009

LES ARAIGNEES ET LES DICTONS


Araignée du matin : chagrin,
pensait un bébé coccinelle
cherchant à libérer ses ailes.

Araignée du midi : souci
grognait un rat dans son chagrin
de voir un chat près de sa belle.

Araignée du soir : espoir,
disait au briquet l’étincelle
mourant dans le vent du jardin.

Mais l’araignée dans sa nacelle
prisonnière à vie de sa faim
rêvait qu’elle était hirondelle.

Pierre Béarn

vendredi 9 janvier 2009

C'était un bon copain

Il avait le coeur sur la main
Et la cervelle dans la lune
C'était un bon copain
Il avait l'estomac dans les talons
Et les yeux dans nos yeux
C'était un triste copain.
Il avait la tête à l'envers
Et le feu là où vous pensez.
Mais non quoi il avait le feu au derrière.
C'était un drôle de copain
Quand il prenait ses jambes à son cou
Il mettait son nez partout
C'était un charmant copain
Il avait une dent contre Etienne
A la tienne Etienne à la tienne mon vieux.
C'était un amour de copain
Il n'avait pas la langue dans sa poche
Ni la main dans la poche du voisin.
Il ne pleurait jamais dans mon gilet
C'était un copain,
C'était un bon copain.

Robert DESNOS (Corps et biens, 1930)

mardi 6 janvier 2009

La joue de la fée


Cinq petits doigts
Sont pleins d’émoi
Ils ont caressé
La joue d’une fée.
(Caresser une joue)

Sa peau est douce,
Dit le pouce.
Elle est bien fraîche,
Dit l’index.
Elle sent les fleurs,
Dit le majeur.
Et le grand air,
Dit l’annulaire.
L’auriculaire, lui, est sans voix.
Il est fou amoureux, je crois.

Monique Hion

Dans la marmite ça ronronne


Dans la marmite ça ronronne
Ca n’arrête pas de ronronner.
Encore plus fort que papa
Quand il dort le nez bouché.

Ca ronronne dans la marmite, ça ronronne !

Ceux qui ne savent pas ce qu’il y a dedans
Font des yeux ronds comme des pommes
Mais moi je sais pourquoi :

C’est pas du lapin, c’est du chat.

René De Obaldia (Innocentines)

Une aiguille...


Une aiguille
Je te pique
Une épingle
Je te pince
Une agrafe
Je t’attrape.

1,2,3 ...


Un deux trois
J’irai dans les bois

Quatre cinq six
Cueillir des cerises

Sept huit neuf
Dans mon panier neuf

Dix onze douze
Elles seront toutes rouges!

Ca gratte



Ca gratte
Entre les omoplates,
Ca me gratte,
Ca me gratte,

Sur le nez,
Dans le coup,
Ca me gratte aussi
Beaucoup.

Sur mes joues écarlates,
Ca me gratte,
Ca me gratte,

Aux coudes
Et aux genoux,
Ca me gratte vraiment
Beaucoup.

Pour ne plus vous gratter,
Vous n’avez qu’à chanter.

Entre les omoplates,
Ca me chatouille
Ca me chatouille,

Sur le nez,
Dans le cou,
Ca me chatouille aussi
Beaucoup.

Sophie Arnould

Alphabet

A c'est l'âne agaçant l'agnelle,
B c'est le boulevard sans bout,
C la compote sans cannelle,
D le diable qui dort debout.

E c'est l'école, les élèves,
F le furet féru de grec,
G la grive grisant la grève,
H c'est la hache et l'homme avec.

I c'est l'ibis berçant son île,
J Le jardin sans jardinier,
K le képi du chef kabyle,
L le lièvre fou à lier.

M c'est le manteau bleu des mages,
N la neige bordant le nid,
O l'oranger pris dans l'orage,
P le pain léger de Paris.

Q c'est la quille sur le quai,
R la rapière d'or du roi,
S le serpent qui s'est masqué,
T la tour au-dessus des toits.

U c'est l'usine qui s'allume,
V le vol du vent dans la voile,
W le wattman de lune,
X le xylophone aux étoiles.

Y c'est les yeux doux du yack
Oublié dans le zodiaque,
Z le zigzag brusque du zèbre
Qui s'enfuit dans les ténèbres,

Malheureux parce qu'il est
Le dernier de l'alphabet.

Maurice Carême

Un enfant veut répondre



Un enfant veut répondre
Il a levé le doigt
Dans une vieille école
Qui n'existe plus.
La neige a fondu sous les bancs
Il fait chaud comme à l'écurie
Et l'instituteur
A souligné tous les verbes à la craie bleue.
L'enfant qui veut répondre
Fait claquer ses doigts
Tachés d'encre violette
Dans la vieille école
Qui n'existe plus.

PAUL VINCENSINI

Le point mort, Ed. Guy Chambelland