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lundi 18 mai 2009

La mouche qui louche...



Chaque fois que la mouche qui louche
veut se poser au plafond
elle s’y cogne le front et prend du plâtre plein la bouche

Moralité
:
Pauvres mouches qui louchez
posez-vous sur le plancher !

Jean ORIZET (2003)

Le petit grillon


Le petit grillon qui garde la montagne
A bien du mérite croyez-moi

Quand de partout
Coucous et hiboux font
Coucou coucou

Ou ouh ouh ouh ouh

A d’autres coucous
A d’autres hiboux
Qui font tout à coup
ou coucou coucou ou ouh ouh ouh ouh
Toute toute la nuit

Le petit grillon vaillant

A bien du mérite

Et qu’est-ce qui le retient

Dites-le-moi
Messieurs
De se croiser les bras

Et de dormir longtemps

Sa tête
entre les deux yeux.

Paul VINCENSINI (La Poésie et l’enfant 1975)

jeudi 14 mai 2009

La grenouille



Une grenouille
Qui fait surface,

Ça crie, ça grouille

Et ça agace.


Ça se barbouille,

Ça se prélasse,

Ça tripatouille
Dans la mélasse,
Puis ça rêvasse

Et ça coasse
Comme une contrebasse
Qui a la corde lasse.


Mais pour un héron à échasses,

Une grenouille grêle ou grasse

Qui se brochette ou se picore,

Ce n’est qu’un sandwich à ressorts.


Pierre Coran (1989)

Le héron


Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où,
Le héron au long bec emmanché d'un long cou.
Il côtoyait une rivière.
L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours.
Ma commère la carpe y faisait mille tours,
Avec le brochet son compère.
Le héron en eût fait aisément son profit :
Tous approchaient du bord ; l'oiseau n'avait qu'à prendre.
Mais il crut mieux faire d'attendre
Qu'il eût un peu plus d'appétit ;
Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.
Après quelques moments, l'appétit vint : l'oiseau,
S'approchant du bord, vit sur l'eau
Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux,
Et montrait un goût dédaigneux,
Comme le rat du bon Horace.
"Moi, des tanches ! dit-il ; moi, héron, que je fasse
Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?"
La tanche rebutée, il trouva du goujon.
"Du goujon ! c’est bien là le dîner d'un héron !
J'ouvrirais pour si peu le bec ! aux dieux ne plaise !"
Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
Qu'il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit ; il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.

Ne soyons pas si difficiles ;
Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ;
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez-vous de rien dédaigner,
Surtout quand vous aurez à peu près votre compte...


Jean de La Fontaine - Livre VII, 1668

Le petit chat blanc


Un petit chat blanc
qui faisait semblant
d’avoir mal aux dents
disait en miaulant :

« Souris, mon amie
j’ai bien du souci
le docteur m’a dit
tu seras guéri

si entre tes dents
tu mets un moment
délicatement
la queue d’une souris. »

Très obligeamment
souris bonne enfant
s’approcha du chat
Qui se la mangea.

Moralité

Les bons sentiments
ont l’inconvénient
d’amener souvent
de graves ennuis
aux petits enfants
comme-z-aux souris.

Claude ROY - 1974 -

mardi 31 mars 2009

Du 9 mars au 17 avril : CP-Bipeur


Cette période, se sont les élèves de CP qui bipent.

Retrouvez les textes lus en cliquant ici.

lundi 9 mars 2009

Le bébégonia

C'est une fleur une petite fleur
une toute petite fleur
une toute toute petite fleur
qui vient de naitre
sur le rebord de ma fenêtre

un bébégonia...

Vous riez ?
Ben y a pas de quoi !

Gérard Bialestowski(1946-2007)

Fête









Frissonnez les érables !

Frémissez les bouleaux !
Tressaillez les cytises !

Bondissez les osiers !

Balancez les cyprès !
Chantez les cèdres bleus !

Dansez les peupliers !

Éclatez les genets !

Criez les cerisiers !

Gueulez les chèvrefeuilles !

Et vous les saules pleureurs,

Ramassez vos mouchoirs,

Demain, c'est le printemps !


Jean-Claude Touzeil (1946 / ...)

Le bal des souris


Dans un salon, tout près d'ici,
Dans un salon tout près d'ici
L'y-a-t-un' société de souris
Gentil coquiqui, coco des moustaches
Mirbojoli, gentil coquiqui.

L'y-a-t-un' société de souris,
Qui vont au bal toute la nuit,
Gentil coquiqui, etc.

Qui vont au bal toute la nuit,
Au bal et à la comédie :
Gentil coquiqui, etc.

Au bal et à la comédie,
Le chat sauta sur les souris,
Gentil coquiqui, etc.

Le chat sauta sur les souris,
Il les croqua toute la nuit,
Gentil coquiqui, etc.

Il les croqua toute la nuit,
Le lendemain tout fut fini,
Gentil coquiqui,
Coco des moustaches, mirbo joli,
Gentil coquiqui.

Poésie populaire (anonyme)

On frappe

Qui est là ?

Personne

C'est simplement mon cœur qui bat
Qui bat très fort
A cause de toi
Mais dehors
La petite main de bronze sur la porte de bois
Ne bouge pas
Ne remue pas
Ne remue pas seulement le petit bout du doigt.

Jacques Prévert

dimanche 8 février 2009

AU CIRQUE








Ah ! si le clown était venu !
Il aurait bien ri, mardi soir :
UN magicien en cape noire
A tiré d'un petit mouchoir
Un lapin, puis une tortue
Et, après, un joli canard.
Puis il les a fait parler
En chinois, en grec, en tartare.
Mais le clown était enrhumé :
Auguste était bien ennuyé.
Il dut faire l'équilibriste
Tous seul sur un tonneau percé.
C'est pourquoi je l'ai dessiné
Avec des yeux tout ronds, tout tristes
Et de grosses larmes qui glissent
Sur son visage enfariné.

MAURICE CARÊME

jeudi 5 février 2009

Dans ces bras-là...

Dans les bras de mon papa,
Je me sens tout petit chat.

Dans les bras de ma maman,
Je me sens petit enfant.

Dans les bras de mon papi,
Je me trémousse et je ris.

Dans les bras de mon grand frère,
Je m'élance et saute en l'air.

Dans les bras de ma mamie,
Soudain,
Je me suis endormi.

Claude Clément

mardi 3 février 2009

Laisse-moi croire...










Laisse-moi croire que tu es bon
comme le pain sorti du four.

Laisse-moi croire que tu es pur
comme une source jaillie du roc.

Laisse-moi croire que tu es doux
comme les herbes dans la forêt.

Laisse-moi croire que tu es vrai
comme cette pierre au creux de ma main ...

Laisse-moi me blesser à la pierre tranchante!
Laisse-moi rafraîchir ma joue sur les herbes !
Laisse-moi boire à la source cristalline !
Laisse-moi reprendre forces dans le pain chaud !

Laisse-moi croire que le bonheur est possible.
Laisse-moi croire ...

Jana Boxberger
1987 (traduit du tchèque par l'auteur)

Odile...

Odile la préposée aux animaux tristes
chaque matin essuie les larmes du caïman.

Claude Vercey (2005)

La barbichette...







Je te tiens,
Tu me tiens,
Par la barbichette.
Le premier de nous deux
Qui rira
Aura une tapette !